Lundi 27 novembre 2006
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Cannavaro a reçu une deuxième récompense.Les détracteurs de l'Italien, et ils sont nombreux depuis que la rumeur de son sacre a fait son chemin il y a une dizaine de jours, affirmeraient sans conteste que Cannavaro ne mérite en aucun cas d'être reconnu comme le meilleur joueur de l'année 2006 évoluant en Europe. L'agacement de Houllier peut se comprendre, lui qui faisait référence notamment à la prestation de l'ex-joueur de la Juventus la semaine dernière en Ligue des champions quand notamment John Carew le ridiculisa sur le premier but de l'OL face au Real (2-2). Et depuis le début de la saison, les prestations du nouveau Merengue n'ont pas de quoi faire vibrer les foules madrilènes. Elles les inquiéteraient plutôt.
Le manager des champions de France misait plutôt sur Thierry Henry "Année après année, Henry marque plus de vingt buts. Son club va en finale de la Ligue des Champions. Lui va en finale de Coupe du monde tout en marquant huit buts dans la saison avec les Bleus". Un sentiment partagé par Raymond Domenech: "Sur son parcours de l'année, je ne vois pas comment expliquer que quelqu'un d'autre puisse l'avoir". Et on abonde volontiers dans son sens à l'instar de Jean-Pierre Papin, lauréat en 1991, interrogé par France-Soir: "En comparaison à d'autres grands joueurs, il ne le mérite pas. Il a fait une grande Coupe du monde, c'est vrai, mais pas une grande saison. Même cette année au Real il connaît des difficultés. Buffon a été beaucoup plus régulier avec la Juve et a brillé au Mondial,"
"Sans lui, l'Italie n'aurait jamais gagné le Mondial"
Peut-on croire alors que Cannavaro ait été choisi par une quelconque volonté, autre que celle émanant de la bonne foi des votants ? La question risque de rester sans réponse mais une chose est sûre, le parcours de Fabio Cannavaro répond au moins à un critère majeur de l'attribution du Ballon d'Or: le palmarès. Vainqueur de la Coupe du monde le 9 juillet à Berlin contre les Bleus, le Napolitain (il a fêté récemment ses 33 ans) dispose là d'un avantage sur la concurrence. Et si l'on écoute son ancien partenaire bianconero avec qui il a remporté en 2006 le Scudetto (retiré ensuite après le scandale des écoutes téléphoniques), Zlatan Ibrahimovic, "Sans lui, l'Italie n'aurait jamais gagné le Mondial".
Se reposant principalement sur la qualité "historique" de son secteur défensif, la Squadra Azzurra possédait effectivement en Allemagne en Fabio Cannavaro, le capitaine de cette arrière-garde. Et on ne peut pas nier qu'il ait bien fait son job comme on ne peut pas oublier que son style et certaines de ses interventions s'effectuaient à la limite de la régularité.
Alors, oui, Cannavaro, malgré son expérience et son sens de l'anticipation, n'a rien d'un Laurent Blanc, d'un Sammer ou de Kaiser Franz. Oui, quitte à récompenser un champion du monde, pourquoi pas Gianluigi Buffon ? Considéré par beaucoup comme le meilleur gardien du monde, le portier de la Juve, grand artisan de la victoire devant la France à Berlin, aurait évidemment mérité de l'obtenir. Oui, ce Ballon d'Or a plutôt un goût amer et ce, sans antipathie particulière envers l'intéressé.
Cannavaro, lui, en tout cas, se voyait bien endosser ce nouveau costume lorsqu'on lui demandait son pronostic à la veille du match amical Italie-Turquie du 15 novembre. "Je donnerais deux Ballon d'Or, un à moi et un à Buffon. Je suis déjà satisfait pour ce qui s'est passé cet été, et le Ballon d'Or serait seulement un dernier gage d'estime"." Un sentiment partagé par Zinedine Zidane dont le fameux numéro 5 qu'il portait au Real est aujourd'hui sur les épaules de... Cannavaro.
De passage récemment à Madrid, l'ancien capitaine des Bleus a estimé que le défenseur "serait un juste vainqueur". Zizou avait raison...
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