Selon un responsable américain, le communiqué final du sommet n'énoncera pas d'objectif global à long terme de
réduction des gaz à effet de serre.
Tel est pourtant le but recherché par Angela Merkel. Mais George W. Bush a son propre projet qu'il entend bien
défendre.
Avant même l'ouverture officielle du sommet, la bataille des communiqués est lancée. Mercredi matin, à Rostock, près de Heiligendamm où doit s'ouvrir la réunion du G8, un responsable américain a affirmé qu'aucun objectif global à long terme de réduction des gaz à effet de serre ne figurera dans la déclaration finale, comme l'aurait voulu l'Allemagne. L'ambition d'Angela Merkel pour ce sommet - à savoir préparer l'après Kyoto, ce protocole visant à lutter contre le réchauffement climatique, sans attendre l'ouverture officielle des négociations en décembre à Bali - se heurte ainsi frontalement à la position américaine. L'initiative annoncée la semaine dernière par George W. Bush semble en effet peu compatible avec les intentions de la chancelière allemande, qui souhaite un accord pour réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050.
Selon le porte-parole du gouvernement allemand Ulrich Wilhelm, le projet américain "ne permettra pas d'atteindre l'objectif ". Il demande au président américain de rester dans le cadre de l'ONU et d'adopter des objectifs plus contraignants. Mais pour le président Bush, qui souhaite soumettre au G8 un cycle de négociations pour fixer d'ici à fin 2008 un objectif mondial de lutte contre le réchauffement, chaque pays doit être libre de mettre en musique cet objectif avec des cibles à moyen terme non contraignantes. "Chaque pays a besoin d'un plan adapté à son économie et à son environnement politique," expliquait-t-il samedi au quotidien allemand FAZ. "Nombre de nos gens ne veulent pas que quelqu'un d'autre formule notre politique environnementale."
Des tractations à venir
Soutenue par la Grande-Bretagne et le Japon, l'initiative américaine est pourtant loin de faire l'unanimité. Nicolas Sarkozy s'étonne que les Etats-Unis ne "montrent pas l'exemple dans la préservation de la planète". Selon le porte-parole du président français, M. Sarkozy veut que soient fixés "des objectifs les plus ambitieux possibles". Il préfèrerait même "pas d'accord à un mauvais accord". C'est du moins ce qu'ont dit à la presse plusieurs responsables d'ONG, reçus mardi à l'Elysée.
De son côté, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso estime que "nous avons besoin d'une position plus ambitieuse de la part des Etats-Unis". Mais Angela Merkel croit toujours qu'un accord pourra être trouvé au cours du sommet. C'est devenu pour elle une priorité. Car il faut préparer l'après Kyoto, qui arrivera à échéance en 2012, protocole que les Etats-Unis ont toujours refusé de signé.
Des pays émergents invités
Autre point de tension dans ce dossier, les pays émergents tels l'Inde ou la Chine, qui ne cessent de réaffirmer qu'ils ne sacrifieront pas leur croissance économique à la lutte contre le réchauffement climatique. Les deux pays font valoir que les pays industrialisés sont responsables de l'accumulation de ces gaz dans l'atmosphère depuis l'industrialisation au 19ème siècle et doivent donc fournir une assistance financière et technique pour aider les pays en développement à lutter contre le réchauffement de la planète.
Invités du G8 avec le Brésil, le Mexique, l'Afrique du Sud, l'Inde et la Chine seront pourtant priées de se mobiliser davantage sur la question. Lundi, la Chine a déjà publié un document de 62 pages dans lequel elle expliquait notamment qu'elle devrait réduire les émissions de CO2 d'environ 50 millions de tonnes d'ici à 2010 en développant des projets hydroélectriques. Mais la Chine, qui pourrait devenir le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde avant 2009, ne se fixe toujours pas d'objectif contraignant. Elle considère pourtant que l'initiative américaine doit rester "un complément utile à la Convention des Nations Unies et au protocole de Kyoto, mais ne doit pas se substituer à ces deux documents internationaux".

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