A l'issue du conseil fédéral de la Fédération Française de football, Raymond Domenech a été reconduit dans ses fonctions de sélectionneur de l'équipe de France, compte tenu du bon parcours des Bleus durant le Mondial. La durée de son contrat n'a pas encore été déterminée.
Plus d'infos à suivre...
En plus de Zinédine Zidane, plusieurs joueurs de l'équipe de France, comme Makelele, ne vont plus revêtir le maillot tricolore. Des postes sont laissés vacants. Raymond Domenech, qui devrait être reconduit dans ses fonctions, devra rebâtir en vue des éliminatoires de l'Euro 2008.
Cette fois, c'est pour de vrai. Zinedine Zidane, Claude Makelele, Lilian Thuram et Fabien Barthez vont partir. C'est sûr pour les deux premiers. Et quasiment écrit en ce qui concerne les suivants. Il s'agit bien d'un adieu, et non plus d'un au revoir, car un nouveau retour en arrière pour venir en aide à la patrie n'est plus vraisemblable. Pas un an après. Pas après tout ça. L'épopée 2006 des Bleus n'a pas connu l'épilogue qu'ils espéraient. Tant pis. La page va maintenant être tournée.
On ne sait pas encore si Raymond Domenech conservera son poste ou non. Le conseil fédéral doit se réunir ce mardi pour décider de l'avenir du sélectionneur, a priori pour le reconduire. L'ancien entraineur des Espoirs a envie de continuer et devra s'atteler à une reconstruction progressive. L'équipe de France, formation la plus âgée du Mondial 2006, a pu démontrer qu'elle avait encore des ressources en se traçant un passage jusque sur la dernière marche. Mais cela ne doit plus occulter la nécessité pressante de renouveler l'effectif. Ce qui aurait pu être fait il y a deux ans déjà. Et qui doit désormais l'être impérativement d'ici la fin 2007.
Des bases pour l'avenir
Le sélectionneur des Bleus pourra s'appuyer sur plusieurs certitudes en vue de construire l'équipe qui devra se qualifier pour l'Euro 2008. Déjà, sur une dynamique collective, et même nationale, retrouvées grâce à leur belle Coupe du monde. Les Français se sont délestés du terrible poids des désillusions récentes, en franchissant, certes difficilement, le premier tour, mais en prouvant ensuite à eux-mêmes et à la face du monde qu'ils valaient mieux que des "chiffons", dixit Henry. Certains, comme Zidane, Barthez, Thuram, ou justement Henry, le savaient déjà, eux qui avaient soulevé le trophée suprême en 1998 puis remporté le Championnat d'Europe en 2000. D'autres, comme Sagnol, avaient besoin d'un tel parcours pour reprendre confiance avec le maillot floqué du coq sur la poitrine. Un habit revêtu à nouveau un peu partout dans l'Hexagone, signe que l'histoire d'amour avec le public français n'était pas terminée. Il fallait seulement quelques étincelles pour la raviver.
Les Bleus ne pourront à l'avenir probablement plus compter sur Lilian Thuram, phénoménal durant cette Coupe du monde, mais William Gallas est là et a démontré pourquoi il faisait partie des meilleurs défenseurs d'Europe en réalisant des prestations de haut vol au côté de "Tutu". D'ailleurs, constituer la moitié droite de la défense française n'a véritablement rien d'un casse-tête. Sagnol a lui aussi été impeccable défensivement, et n'a plus à prouver ses qualités de centre. Le latéral du Bayern Munich sera d'ailleurs l'un des hommes de base de la nouvelle armada bleue.
Préserver la stabilité défensive
L'avenir du flanc gauche apparaît plus incertain. Abidal n'a pas toujours été à la hauteur sur les pelouses allemandes, faute de concentration et d'expérience. La concurrence n'est cependant pas encore très rude à son poste. Ce qui n'est pas le cas dans l'axe, où les prétendants ne manquent pas pour obtenir la place laissée vacante par le départ de Thuram, sans qu'aucun ne se distingue pour l'instant. Boumsong et Givet n'ont pas joué une seule minute outre-Rhin après avoir tous deux réalisé une saison assez terne, tandis que Mexès et Squillaci, qui ont raté le wagon pour le Mondial, essaieront de revenir en grâce.
Au milieu de terrain, les places à prendre pourraient être plus nombreuses, en fonction du schéma de jeu. Vieira ne quitte pas la maison bleue et devrait reprendre le brassard une nouvelle fois, mais n'aura plus Makelele à ses côtés. Un vide qu'Alou Diarra espère combler. Entré en jeu lors de la finale à la place du Turinois, il n'a pas eu le même volume de jeu, mais a cependant réalisé une bonne prestation. De quoi s'octroyer une petite avance? Pas sûr, au vu des prétendants. Le sélectionneur aura en effet l'embarras du choix dans l'axe, avec Mavuba, Toulalan et Flamini. Si ces deux derniers n'ont pas encore de sélection chez les A, cela ne saurait tarder.
Ribéry, le successeur
Concernant les joueurs offensifs, le chantier est presque inexistant. Seul Wiltord pourrait raccrocher les crampons avec les Bleus, ce qui ne bouleversera pas la hiérarchie. Henry n'est pas près d'être détrôné, Trezeguet reste un très grand buteur, et Saha, comme Cissé, a de belles années devant lui. Le petit renouveau offensif a en fait déjà commencé en Allemagne. Malouda a pris possession du flanc gauche, tandis que Ribéry s'est imposé comme titulaire à droite, du haut de ses dix sélections, et a déjà inscrit son premier but chez les Bleus durant la Coupe du monde. Le natif de Boulogne-sur-mer peut évoluer sur les deux côtés, et même dans l'axe, où l'a placé Jean Fernandez à l'OM en fin de saison. Avec un style différent, Ribéry pourrait donc véritablement prendre la succession de Zidane. Sur les terrains, comme dans les coeurs.
Victime du coup de tête de Zinédine Zidane lors de la finale de la Coupe du monde, Marco Materazzi reconnait avoir insulté le Français, sans toutefois dévoiler les termes qu'il a utilisés. Le champion du monde ne justifie ses paroles que par l'arrogance du capitaine de l'équipe de France.
Zinédine Zidane a été "super arrogant" et "je l'ai insulté", a reconnu le joueur italien Marco Materazzi qui a provoqué le Français, ce dernier lui donnant un coup de tête qui lui a valu l'exclusion en finale du Mondial, selon La Gazzetta dello Sport de mardi. "J'ai tenu son maillot pendant quelques secondes seulement, il s'est tourné vers moi, il m'a parlé en raillant, il m'a regardé avec super arrogance, de haut en bas: ' Si vraiment tu veux mon maillot, je te le donnerai après'. Je lui ai répondu avec une insulte, c'est vrai ", a raconté Materazzi, selon le quotidien sportif.
Interrogé si l'insulte visait la soeur du joueur français, comme l'ont affirmé certains médias, Marco Materazzi a précisé: "Une insulte de celles qu'on s'entend dire des dizaines de fois et qui nous échappent souvent sur le terrain". "Ce qui est sûr c'est que je ne l'ai pas traité de terroriste: je ne suis pas cultivé et je ne sais même pas ce que c'est un terroriste islamiste et ma seule terroriste c'est elle...", a dit Materazzi au journaliste en se tournant vers sa fille de 10 mois, dormant à ses côtés dans l'avion qui a ramené l'équipe italienne à la maison. "Je n'ai certainement pas mis en cause non plus la maman de Zidane, pour moi, la maman est sacrée", a ajouté le joueur de l'Inter Milan.
Coup de poing
Le Corriere della Sera rappelle dans un article consacré à cet échange de propos entre les deux joueurs que Marco Materazzi a perdu sa mère à l'âge de 14 ans et qu'il n'aurait certainement jamais insulté celle de Zidane. Le mystère demeure donc sur ce que Materazzi a réellement dit à Zidane pour provoquer une colère pareille. Selon des spécialistes de lecture labiale interrogés lundi par la chaîne de télévision brésilienne Globo, Materazzi aurait traité la soeur de Zinédine Zidane de "prostituée ", tandis que d'après plusieurs journaux britanniques, qui ont consulté également des experts, le défenseur italien aurait traité le Français de "fils d'une pute terroriste". Zizou a pour sa part décidé d'attendre quelques jours avant de parler de cette affaire, selon son agent.
La presse italienne rappelle que Marco Materazzi est coutumier des provocations et des bagarres. En février 2004, au cours d'un match contre Sienne, Materazzi a passé la seconde période à irriter le défenseur Bruno Cirillo qu'il traitait de "stupide" depuis le banc de touche. A la fin de la partie, Cirillo se rapprocha en courant de Materazzi qui l'expédia au tapis d'un coup de poing au visage, écrit La Stampa. Il aurait énervé d'autres joueurs encore en se moquant d'eux "et les adversaires se plaignent souvent de son jeu violent", conclut La Stampa.
William Gallas est très remonté. Il n’accepte pas la défaite en finale face à l’Italie, et encore moins la tricherie de Marco Materazzi. Pour le défenseur, auteur d’un excellent Mondial, les Italiens ont triché car les Bleus étaient tout simplement meilleurs qu’eux.
WILLIAM GALLAS, vivez-vous cette défaite en finale comme une injustice ?
W.G. : Cette défaite est très dure à accepter. On était meilleurs qu'eux, je pense qu'ils le savent bien. On a été plus costauds. Mais on ne peut pas revenir en arrière. Le sort en a décidé autrement et on finit deuxième. C'est dommage. Ça se joue sur peu de choses. En deuxième période, ils ont baissé le pied. Leurs attaquants ne pouvaient plus rien faire. Nous, derrière, on était très solides. On s'est créé des occasions mais, malheureusement, le ballon n'a pas voulu aller au fond. Je pense que l'on peut garder la tête haute. On a répondu à pas mal de critiques avant et pendant la compétition.
On ne vous sent pas beaucoup abattu. La déception est-elle intérieure ?
W.G. : Non. On est vraiment allé au bout de nous-mêmes. Tout le monde a donné le maximum. On n'a pas fait d'erreur. On s'est créé des occasions. On est allé aux tirs au but, c'est pile ou face. Ça n'était pas notre jour. C'est comme ça que je le vois. Je ne me pose même pas la question de savoir pourquoi on n'a pas gagné. J'aurais voulu toucher cette coupe mais le football c'est comme ça. Il faut vite oublier. On a terminé deuxième, c'est déjà pas mal. C'est même très bien. J'espère qu'on sera présent pour la prochaine Coupe du monde.
Avez-vous été affaibli par l'expulsion de Zidane en prolongation ?
W.G. : Je ne dirai pas qu'on a été affaibli. Au contraire, on en voulait encore plus. On a joué à dix mais les Italiens ne se sont pas créés d'occasions même en supériorité numérique. C'est dommage. Peut-être que s'il avait été encore là, on se serait créé encore une ou deux occasions mais peut-être pas.
Vous ne lui en voulez donc pas ?
W.G. : Pas du tout, parce qu'on est allé au bout. Après, une séance de tirs au but, c'est pile ou face. Mais on sait comment sont les Italiens. A un moment, ils ont vu qu'ils ne contrôlaient plus le match. Materazzi a du dire quelque chose à Zizou et il a mal réagi. C'est dommage pour sa dernière Coupe du monde. C'est malheureux à dire mais, quand les Italiens voient qu'ils sont impuissants, ils réagissent toujours comme ça en essayant de pourrir le match. Mais ce n'est rien...
La provocation de Materazzi, c'est de la triche selon vous ?
W.G. : Oui, c'est de la triche mais on ne peut pas arrêter. Au niveau de la FIFA et des arbitres, on ne voit toujours que le deuxième coup. On ne cherche jamais à savoir pourquoi il y a ce coup-là. Il y a un moment quand vous gagnez avec de la triche, c'est inadmissible. J'accepte quand l'équipe adverse gagne loyalement mais de cette façon-là, non.
Savez-vous ce qu'il a pu dire à Zidane ?
W.G. : Non, je ne sais pas. Mais si vous avez vu Zizou, il y a eu quelque chose. On connaît Zizou. Que ce soit lui ou un autre joueur, on ne réagit pas comme ça. Il a été provoqué. Vous savez, quand vous voyez un joueur comme ça, vous avez envie de lui péter la gueule. C'est de la triche mais ce sont les Italiens.
Que retiendrez-vous de cette aventure en Allemagne ?
W.G. : La chose que l'on pourra certainement garder, c'est d'avoir passé un mois ensemble comme une bande de copains. On s'est éclaté, on était bien. On s'est amusé même quand cela n'allait pas, notamment entre les matches contre la Corée et le Togo. On a fait des choses entre nous, en dehors du terrain, des choses inoubliables, des choses qui resteront gravées dans nos têtes. C'est tout ce que je peux en dire. Même si c'est vrai qu'on aurait préféré avoir cette coupe.
Comment voyez-vous l'avenir des Bleus ?
W.G. : Quelque chose s'est créé pendant cette Coupe du monde. Il y avait une super ambiance. Les jeunes se sont bien intégrés. Les anciens nous ont beaucoup aidé. Je ne m'inquiète pas du tout pour la suite. Il va se passer quelque chose. L'équipe de France sera encore plus forte. D'autres joueurs vont arriver et on aura du temps pour travailler même si ça va aller très vite car on aura des matches dès septembre, face aux Italiens encore (NDLR : lors des éliminatoires de l'Euro 2008). J'espère qu'on pourra prendre notre revanche...
A titre personnel, vous avez réalisé un excellent Mondial. Vous serez l'un des prochains cadres de cette équipe...
W.G. : Je suis content. J'ai pu démontrer ce que je valais. Que ce soit dans l'axe, à droite ou à gauche, j'ai toujours été présent. Je suis content de ma performance personnelle mais avant tout j'aurais préféré gagner cette Coupe du monde. Par rapport à mon âge, à mes 47 sélections, je serai un des joueurs les plus capés à l'avenir On verra comment ça se passera. Il faut déjà que je prenne mes trois semaines de vacances. Je vais essayer de gratter un mois mais ça va être dur avec Mourinho (Il rit).
C'était votre dernier match au côté de Lilian Thuram...
W.G. : C'était sa dernière Coupe du monde. Il est très déçu car il avait à coeur de gagner ce soir, surtout contre les Italiens. J'ai eu la chance de jouer avec un grand bonhomme. Comme j'ai eu la chance de jouer avec Laurent Blanc ou Marcel Desailly. Avec des joueurs comme ça, on apprend beaucoup. Pour moi, ce sont des modèles. Je me suis régalé à jouer avec lui.
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