Le chef du Hezbollah a menacé samedi de prendre pour cibles les villes du centre d'Israël si l'Etat hébreu "poursuit son agression contre le peuple" libanais. Plus tôt samedi, Israël a jugé "inutile" la trêve de 72h proposée par l'ONU pour faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire au Liban. Condoleezza Rice est sur place pour la seconde fois en une semaine. Dans une déclaration à la télévision Al Manar, propriété du Hezbollah, Hassan Nasrallah a menacé samedi de prendre pour cibles les villes du centre d'Israël, si l'Etat hébreu "poursuit son agression contre le peuple" libanais. "Afoula n'est qu'un début", a-t-il déclaré en référence aux tirs de missiles vendredi contre cette ville du nord d'Israël. "Beaucoup de villes du centre (d'Israël) seront des cibles si l'agression continue contre notre peuple", a-t-il ajouté. Le Hezbollah avait lancé vendredi cinq missiles sol-sol de fabrication iranienne sur Afoula, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière du Liban, sans faire de victimes.
Le chef du Hezbollah a également lancé un appel du pied au gouvernement libanais : "nous tenons à coopérer avec le gouvernement pour préserver un Liban uni, autour de ce qui garantit ses intérêts nationaux". Et d'ajouter : "il faut que le gouvernement sache que malgré les destructions, nous sommes face à une chance historique pour le Liban, afin qu'il puisse récupérer chaque pouce de son territoire, récupérer ses prisonniers et assurer sa souveraineté". Il a également rendu hommage à la Syrie et à l'Iran qui "ont tout fait pour arrêter l'agression israélienne".
Par ailleurs, le chef du Hezbollah a assuré qu'Israël n'avait réalisé "aucun objectif militaire" et que la "résistance" du Hezbollah expliquait les appels pressants à une solution négociée. Le chef du parti chiite a lancé : "Il ne faut pas avoir peur de notre victoire, elle sera pour tous les Libanais, de toutes les confessions, dans toutes les régions, de toutes les mouvances, pour tous les musulmans et les chrétiens, et pour tous les arabes, qui sont à nos côtés contre l'agression".
Hassan Nasrallah a en outre soutenu que la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice revenait au Proche-Orient pour imposer "des conditions" au Liban dans le cadre de ses plans pour imposer un nouvel ordre au Moyen-Orient.
La secrétaire d'Etat américaine est de retour au Proche-Orient ce samedi, pour la seconde fois en moins d'une semaine. Elle a atterri à Tel-Aviv samedi après-midi. Elle doit travailler "avec les dirigeants d'Israël et du Liban pour saisir l'occasion de parvenir à une paix et une stabilité durables pour les deux pays", selon la mission que lui a confiée le président américain George Bush.
Partie de Malaisie où elle a assisté à un forum sur la sécurité, la secrétaire d'Etat américaine doit rencontrer samedi le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, le ministre israélien des Affaires étrangères, Tzipi Livni, et le ministre de la Défense, Amir Peretz.
Israël a jugé "inutile" samedi la trêve de 72 heures proposée par l'ONU pour faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire au Liban et l'évacuation des enfants, personnes âgées et blessés du Sud, théâtre de violents combats entre les forces israéliennes et le Hezbollah. Justification : "Israël a ouvert un corridor humanitaire permettant d'entrer au Liban et d'en sortir", a déclaré le porte-parole du gouvernement israélien, Avi Pazner. Un haut responsable israélien a en outre refusé samedi de fixer une date butoir à l'offensive d'Israël au Liban, lancée le 12 juillet.
Le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy a "regretté vivement" samedi ce refus, signalant qu'il s'apprêtait à "plaider" auprès des Israéliens pour que cette trêve puisse avoir lieu. Paris entend ainsi plaider pour une force multinationale, comme l'a fait Washington la veille, mais à condition que soit négocié dans le même temps un cessez-le-feu. La veille, vendredi, le coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU, Jan Egeland, a réclamé devant le Conseil de sécurité une trêve humanitaire de 72 heures.
Plusieurs convois du Haut comité des Nations unies pour les réfugiés (HCR) font route vers Beyrouth. Un premier convoi transportant 140 tonnes de matériel d'urgence est arrivé samedi en provenance de Damas. Deux autres convois, prévus dimanche et lundi, doivent transporter principalement des tentes.
Une catastrophe écologique s'ajoute à la catastrophe humanitaire au Liban. Après le bombardement le 14 juillet par l'aviation israélienne des réservoirs de pétrole de la centrale électrique de Jiyé, à 25 km au sud de Beyrouth, le ministre libanais de l'Environnement parle samedi de "la plus grande catastrophe écologique en Méditerranée". 15.000 tonnes de brut se seraient déversées dans la mer. Le coût du nettoyage est évalué 50 milliards et devrait durer 6 mois, mais ne pourra débuter qu'à l'issue des combats. A l'heure actuelle, la fuite a cessé dans un réservoir mais un autre est toujours en feu et risque d'exploser. Les réservoirs se trouvent à 25 mètres seulement de la mer.
Bush veut déployer "rapidement" une force internationale
La Maison Blanche laisse de côté son projet d'éliminer le Hezbollah... Le discours est à la fois plus musclé et plus souple dans sa position. Le président américain a appelé vendredi à déployer "rapidement" une force internationale au Liban sud, au cours d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre britannique Tony Blair, qui a annoncé qu'une réunion consacrée à cette force internationale, dont la création avait été décidée cette semaine à Rome, se tiendrait lundi à l'Onu.
Le Figaro de samedi croit savoir qu'"Israël demande l'aide de Paris pour désarmer le Hezbollah". Dans un entretien au quotidien, "le ministre des Affaires étrangères d'Israël, Tzipi Livni, appelle la France à jouer un rôle majeur dans le redéploiement d'une force internationale au Liban".
Pour la première fois, le Hezbollah a tiré vendredi un missile de portée plus longue que les roquettes Katioucha. La police israélienne a précisé que le missile "de type inconnu" tiré contre Afoula transportait une charge explosive d'environ 100 kg. Un haut responsable de la police israélienne spécialiste des explosifs, a affirmé samedi que le missile était de fabrication syrienne.
De leur côté, les unités israéliennes, qui ont pénétré au Liban sud ces derniers jours, étaient repliées samedi sur leur point de départ, le village de Maroun al-Ras, après avoir abandonné des positions proches de Bint Jbeil, bastion du Hezbollah, a indiqué la police libanaise. Les chars qui étaient en position aux abords de Bint Jbeil ont regagné Maroun al-Ras, tombé aux mains des Israéliens le 23 juillet, selon la police. Enfin, l'aviation israélienne aurait effectué trois raids près du poste frontalier libano-syrien de Masnaa, en territoire libanais, d'après une source sécuritaire libanaise, citée par l'AFP.
Dernières évacuations
La France a évacué vendredi plus de 2.000 ressortissants étrangers de Beyrouth, le plus important transfert mené jusqu'à présent dans le cadre de l'opération Baliste, en déployant pour la première fois l'ensemble de ses moyens militaires mobilisés depuis le début de la crise. Elles portent à quelque 10.500, dont 8.500 Français, le nombre de personnes rapatriées par la France depuis le début de la crise.
(Photo TF1-LCI : le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah)
source: lci.fr
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