En vacances au Fort de Brégançon, le président a réuni mercredi à Toulon les ministres concernés par le dossier du Proche-Orient. Il a répété l'importance d'une solution diplomatique au conflit, affirmant que toute renonciation à un cessez-le-feu serait "immorale" et déplorant une "réserve américaine" sur la résolution à l'ONU. Ce Conseil des ministres restreint s'est tenu à Toulon, car Jacques Chirac est en vacances dans la résidence des présidents, le Fort de Brégançon sur la côte varoise. Le chef de l'Etat a réuni mercredi le Premier ministre Dominique de Villepin et les ministres de la Défense et des Affaires étrangères sur le Liban, Michèle Alliot-Marie et Philippe Douste-Blazy, afin de faire le point sur le dossier du Liban.
Le président a ensuite tenu une conférence de presse. "Toute solution doit passer par un accord politique" pour faire cesser cette "crise qui menace l'équilibre de toute une région", pour "rétablir la souveraineté du Liban sur son territoire et garantir à Israël le droit à sa sécurité", a martelé Jacques Chirac.
Une "réserve américaine"
La solution doit donc être politique, elle doit aussi être immédiate, a redit le président. Regrettant une certaine "réserve" de la part des Etats-Unis au projet de résolution à l'ONU intégrant certaines demandes du Liban, il a mis en garde contre une renonciation "à un cessez-le-feu immédiat" qui serait "la plus immorale des solutions". D'ailleurs, le président s'est refusé à donner un calendrier d'action car "cela voudrait dire qu'on peut retarder un cessez-le-feu", ce qui est inenvisageable selon lui.
Les deux phases de la solution au conflit restent donc pour lui : la "cessation complète et la plus rapide possible des hostilités et à partir de là, établir les principes d'une solution à long terme avec le déploiement d'une force internationale" qui pourrait se faire selon lui "dans un mois par exemple". La France "sera prête à y participer", a-t-il dit, saluant "la proposition libanaise de déployer 15.000 soldats dans le Sud".
En attendant, la France va poursuivre ses deux efforts entamés depuis le début du conflit : évacuer les ressortissants étrangers et aider à la résolution diplomatique du dossier. Engageant les Libanais à "rester unis" pour affirmer leur souveraineté et leur indépendance, il a affirmé que "l'expérience m'a conduit à ne pas avoir tout à fait confiance dans la Syrie" et qu'il "est légitime que l'Iran, puissance importance de cette région, soit consultée".
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