Alain Duhamel fait amende honorable

Suspendu par France Télévisions et privé d'éditoriaux politiques par RTL, il revient sur ses propos pro-Bayrou : "je n'aurais pas dû dire cela".
Il juge toutefois la sanction de sa prise de position "disproportionnée" et se dit choqué que "des propos privés se retrouvent en public".
Alain Duhamel, sanctionné par France Télévisions et qui a mis fin à son éditorial quotidien sur RTL pour avoir pris position en faveur du candidat de l'UDF François Bayrou, s'est expliqué vendredi matin. Tout en regrettant ses propos, il a tenté de les expliquer en les replaçant dans leur contexte.
"Sur le fond, je n'aurais pas dû dire cela devant des étudiants", a déclaré sur RTL le journaliste, dont l'intervention en novembre devant un groupe de l'Institut d'Etudes politiques de Paris, dans laquelle il déclarait qu'il voterait pour François Bayrou, s'est retrouvée récemment publiée sur le net sous forme de vidéo (lire article). "Dans ma tête, c'était à propos de l'Europe", a encore précisé le journaliste.
Dénonciation de "l'effet d'Internet"
S'il comprend la sanction qui le frappe, il n'en juge pas moins qu'elle est sans commune mesure avec la "faute" : "Je l'ai dit. Je le paie. C'est disproportionné", a-t-il déclaré sur RTL. Il s'est surtout déclaré choqué par le fait que "des propos privés se retrouvent en public", assurant qu'il ignorait être filmé. Il a également dénoncé "l'effet d'Internet", qui est "à la fois émancipateur" et "totalitaire", parce qu'il y a "un effet de choc gigantesque".
Concernant la suspension de son travail sur les chaînes de France Télévisions, il a indiqué qu'il comprenait la position de la direction, d'autant plus que son frère, Patrice Duhamel, est le numéro deux du groupe, et qu'on aurait parlé de favoritisme s'il était resté en place. Il a en revanche dénoncé la position de la Société des rédacteurs de France 2 qu'il a qualifiée de "minable". Alain Duhamel a souligné qu'il continuerait à intervenir sur RTL, qui lui "garde sa confiance" dans le cadre de "débats contradictoires", mais plus comme éditorialiste politique.
D'après agence
