Royal cogne sur Sarkozy et Bayrou

En meeting à Rennes, la candidate socialiste a critiqué, sans les citer nommément, les candidats UMP et UDF.
"Je suis plus forte qu'eux", a-t-elle ensuite lancé à l'adresse de ses détracteurs.
La critique de Bayrou par Royal
Après "J'ai une question à vous poser" lundi soir sur TF1 -record d'audience pour une émission politique à la télévision-, Ségolène Royal a effectué mardi la deuxième étape d'une semaine considérée comme décisive pour sa campagne. Elle était ainsi à Rennes pour son premier grand meeting régional auquel ont assisté environ 10 000 personnes.
Comme lors de son discours-programme de Villepinte, elle a rappelé la période des "débats participatifs" en citant les prénoms des personnes s'étant exprimées sur leurs difficiles conditions de vie. "C'est grâce à cette écoute et à ce travail que ce pacte présidentiel est solide. Ce sont les fondations de la maison France". Elle a ainsi rappelé plusieurs de ses mesures : allocation autonomie pour les jeunes, soutien scolaire gratuit pour les élèves en difficulté, sécurité sociale professionnelle équivalente à 80% du dernier salaire perçu, service public de la caution, construction de 120 000 logements sociaux...
Sarkozy et Bayrou dans le même sac
A plusieurs reprises, elle a pris pour cible Nicolas Sarkozy, sans jamais citer son nom. Le qualifiant de "candidat sortant", elle l'a associé à ce qu'elle considère comme les échecs de la droite depuis 2002 -chômage, faible croissance, émeutes en banlieues. Selon elle, le candidat UMP en est le "représentant". Le 22 avril, les Français auront le choix entre "la continuité ou le changement profond qui consiste à mettre de la justice pour donner de la force", a-t-elle lancé. Elle a également qualifié la proposition du candidat UMP d'augmenter les heures supplémentaires de "simpliste". Revenant sur la polémique sur le coût de son programme, elle a affirmé qu'elle provenait "d'un candidat qui a lui-même un très gros problème de chiffrage". "Même ses plus forts soutiens lui disent : halte là ! halte à la démagogie ! halte au clientélisme", a-t-elle ironisé.
Mais, outre Nicolas Sarkozy, elle a aussi lancé, pour la première fois, une vive attaque contre François Bayrou, sans non plus citer son nom. "Lui, c'est plus simple. Il n'a pas problème de chiffrage vu q'u'on ne sait toujours pas son projet à part celui de se plaindre qu'il ne passe pas assez dans les médias", a-t-elle asséné. "Ceux qui se disent ni de droite ni de gauche ont toujours fini par tomber du même côté. Dans cette campagne, ceux qui y ont intérêt cherchent à brouiller les cartes", a-t-elle encore dit à l'adresse du candidat UDF, dont la montée se confirme sondage après sondage. Pour expliquer le financement de son "pacte", elle a ensuite mis en avant sa réforme de l'Etat qui permettra de faire des économies et de mieux dépenser.
Blum, Mitterrand, Mendès-France, Delors et.. Jospin
Tenant visiblement à apparaître comme l'héritière de la gauche, la candidate socialiste, interrompue par les cris "Ségolène, présidente", a fait remarquer que, comme ceux de François Mitterrand en 1981 ou Léon Blum en 1936, son programme était présenté par ses détracteurs comme un simple "catalogue". "Tous les deux ont pourtant gagné", a-t-elle ensuite noté, soulignant que son "pacte présidentiel" était un "plan d'urgence et de salut public". Ségolène Royal a aussi cité Pierre Mendès-France et Jacques Delors, et même Lionel Jospin, en rappelant avoir été ministre du gouvernement de cohabitation. Alors qu'elle tente de réorganiser son camp en intégrant les différents courants du PS dans son staff de campagne, c'est la première fois qu'elle fait référence à l'ancien Premier ministre dans un grand meeting.
Pour conclure, Ségolène Royal a dénoncé ses détracteurs. "A chaque fois, on me dit 'Mais demain, elle joue à quitte ou double'. Et bien, à chaque fois je double et c'est avec vous que je veux doubler. A chaque étape, on me dit de faire mes preuves. A chaque mot prononcé, on me dit 'mais qu'est-ce qu'elle raconte ? J'en ai autant qu'eux de l'expérience, des exigences. Je suis plus forte qu'eux parce que c'est avec vous que j'avance", a-t-elle dit à l'adresse de ses militants, avant d'ajouter : "Mon équipe, c'est vous !".
Sarkozy pointe "l'imprécision" de Royal |
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