VOTEZ SARKOZY: a Marseille
A trois jours du premier tour, Nicolas Sarkozy a choisi Marseille pour son dernier meeting. Ministres et anciens ministres, parlementaires, conseillers, étaient présents à ce grand rendez-vous.
Le candidat est entré en saluant chacun : les anciens chefs de gouvernement Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, les ministres Thierry Breton, Philippe Douste-Blazy ou Jean-Louis Borloo, François Fillon, ancien ministre et sénateur, Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire de Marseille, ses porte-parole Rachida Dati et Xavier Bertrand, ses amis Arno Klarsfeld ou Didier Barbelivien, les footalleurs David Ginola ou Basile Boli. Ce dernier, un héros de Marseille puisqu'il fut en 1993 l'auteur du but qui fit de l'OM un champion d'Europe, a ouvert la réunion publique et a déclaré : « le meilleur, aujourd’hui, c’est Nicolas Sarkozy ! ».
La vaste salle du parc Chanot était pleine, semée de nombreux drapeaux tricolores. Un écran de 20 m2 avait été installé à l'extérieur pour permettre à « au moins 5 000 personnes » de suivre les débats.
Devant plus de 15 000 personnes, Nicolas Sarkozy a assuré que la campagne présidentielle 2007 aura été pour lui « une épreuve de vérité », de celles dont « on ne sort pas indemne ». « Dans une campagne présidentielle, on ne peut pas tricher, on ne peut pas faire semblant » a-t-il rappelé. « Pour unir les Français, pour pouvoir parler en leur nom à tous, pour pouvoir les gouverner, il faut les aimer », a-t-il dit. « Mais aimer, c'est prendre le risque de souffrir » a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy a, également, insisté sur sa conception de la France. Il a refusé d'être un «candidat immobile» et a fustigé la pensée unique. Il s'est adressé à la « France malheureuse », celle qui, selon lui, a porté Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002, voté « non » à la Constitution européenne en 2005 et qu'il souhaite désormais réconcilier avec la « France heureuse » du « oui ».
« Je veux parler (...) à tous ceux que la politique a déçus, à tous ceux qui se sentent trahis par une gauche (...) qui n'écoute plus le peuple (...) à tous ceux qui se sont tournés vers les extrêmes comme un appel au secours », a-t-il dit. « Je veux convaincre chacun de revenir dans le champ de la République parce qu'ensemble nous allons changer les choses. Ainsi leur voix sera utile, leur cri sera entendu ».
Revenant sur les attaques prononcées par Jean-Marie Le Pen, le candidat s'est présenté en rempart contre l'extrême droite. « Ma France », a-t-il souligné, « ce n'est pas celle de Le Pen, parce que ma France ce n'est pas une race, ma France ce n'est pas une ethnie, ma France ce n'est pas l'exclusion ».
En parlant de « sa » France, Nicolas Sarkozy a voulu faire « partager le rêve d'une France où chacun trouve sa place ». Il a multiplié les références : le Général de Gaulle, Martin Luther King, Camus, Pasteur, Jaurès. Il a également salué le chef d'Etat, Jacques Chirac, qui a « rendu justice » aux anciens combattants coloniaux. Cette France - dont il a martelé sans relâche le nom - il lui a prêté les paroles d'Antigone : « je suis née pour partager l'amour, non pour partager la haine ».