La Nouvelle-Zélande...


L'affaire est embarrassante pour Ségolène Royal, candidate officielle à l'investiture du parti socialiste pour l'élection présidentielle. Antoine Royal, son frère cadet, a indiqué vendredi dans le quotidien Le Parisien qu'un de leurs frères, Gérard, lui avait affirmé avoir "posé la bombe" sur le Rainbow Warrior. "A l'époque, (Gérard) était lieutenant et agent traitant pour la DGSE en Asie. Il a été appelé en 1985 pour se rendre en Nouvelle-Zélande, en baie d'Auckland, pour le sabotage du Rainbow Warrior", a raconté Antoine Royal dans cet entretien. "Plus tard, il m'a dit que c'était lui qui avait posé la bombe sur le navire de Greenpeace. Il avait pris une embarcation avec une deuxième personne pour s'approcher du bateau", poursuit-il.
"Greenpeace Nouvelle-Zélande a estimé que ces déclarations étaient comme si"on frottait du sel sur la plaie". L'organisation a cependant dit ne nourrir que peu d'espoir sur de nouvelles actions policières. "Il semble qu'il y ait deux genres de terroristes ces jours-ci, les terroristes d'Etat étant ceux qui s'en sortent", a déclaré la directrice exécutive de l'organisation dans le pays, Bunny McDiarmid.
L'organisation a démenti des informations de presse selon lesquelles Greenpeace avait appelé le gouvernement de Nouvelle-Zélande à demander l'extradition de Gérard Royal et à l'inculper de meurtre. "Nous avons déjà essayé l'extradition et cela n'avait servi à rien à l'époque -- et ça le serait maintenant", a déclaré Mme McDiarmid. Selon Antoine Royal, son frère Gérard avait réussi à échapper aux autorités néo-zélandaises, contrairement au faux couple des agents Turenge qui a été interpellé.
Un scandale politico-diplomatique
Ces révélations ont conduit la police néo-zélandaise a vouloir réexaminer le dossier du sabotage du navire de Greenpeace coulé en 1985 par des agents français. Une porte-parole de la police a cependant précisé qu'il était encore trop tôt pour dire si ce nouvel examen mènerait à une réouverture de l'enquête ni quelle action éventuelle pourrait être prise.
Dans la nuit du 9 au 10 juillet 1985, le Rainbow Warrior, saboté par des agents secrets français, coulait dans le port néo-zélandais d'Auckland, entraînant la mort d'un photographe qui était à bord du bâtiment. Cette affaire a été l'un des plus gros scandales politico-diplomatiques de la première présidence de François Mitterrand. Le navire avait été coulé par deux mines alors qu'il allait entamer une campagne de protestation contre les essais nucléaires français sur l'atoll de Mururoa, en Polynésie.
Deux agents de la DGSE, les "faux époux Turenge" (le commandant Alain Mafart et le capitaine Dominique Prieur), avaient été interpellés peu après par la police néo-zélandaise. L'opération contre le Rainbow Warrior avait été menée par trois équipes: la première (époux Turenge) avait coordonné la logistique, la deuxième (Ouvéa) convoyé les mines et la troisième les avait posées.
D'après agence