Inadmissible
Cinq jeunes ont été mis en examen, dont quatre placés en détention provisoire, samedi par un juge du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) dans l'affaire de l'agression d'un policier à Epinay-sur-Seine le 13 octobre, a-t-on appris de source judiciaire.
L'un des jeunes a été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de paraître dans le département de Seine-Saint-Denis, a-t-on précisé de même source.
Interpellés jeudi dans la cité d'Orgemont, ils ont tous été "mis en examen pour tentative de meurtre aggravé sur un fonctionnaire de police avec préméditation, dégradation en réunion et association de malfaiteurs", a ajouté la même source.
Le procureur de la République François Molins a par ailleurs confirmé samedi au cours d'un point de presse qu'une "vengeance" serait à l'origine du guet-apens tendu à Epinay. Des représailles auraient été décidées contre les policiers suite à l'interpellation le 6 octobre dans la cité d'Orgemont d'un des jeunes mis en examen, âgé de 19 ans, pour trafic de résine de cannabis.
"L'interpellation s'était alors mal passée et un policier avait été légèrement blessé", a expliqué M. Molins, ajoutant qu'"à partir de cette affaire s'est organisée la préparation d'un guet-apens contre les policiers".
Plusieurs menaces ont ensuite été faites aux policiers d'Epinay: "trois jours après l'interpellation du jeune Silamaka, des jeunes de la cité d'Orgemont s'étaient avancés vers une voiture de police pour leur dire +ça va faire très mal+. La veille du guet-apens, d'autres jeunes leur avaient dit +vous allez manger, il y aura des représailles+", a expliqué le procureur.
"Ces jeunes pensaient trouver ce jour-là un policier en particulier mais il n'était pas présent", a expliqué David Skuli, chef de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP), précisant qu'un des cinq jeunes, âgé de 19 ans, avait "déjà été interpellé une quinzaine de fois pour vols avec violence et trafic de stupéfiants".
Selon M. Skuli, deux jeunes ont reconnu leur participation à la préparation du guet-apens.
Le chef de la sûreté départementale, Bernard Pasqualini, a insisté sur le fait que "ces cinq jeunes ne sont pas du tout des gros caïds, ils sont utilisés par des plus gros trafiquants pour écouler le cannabis" dans ce quartier "noyauté par le trafic de cannabis".
La Sûreté départementale espère pouvoir interpeller d'autres personnes parmi le groupe d'une trentaine de jeunes qui a agressé le policier.
Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy avait indiqué jeudi vouloir faire voter un amendement à son projet de loi sur la délinquance prévoyant de renvoyer les agresseurs de "policiers, gendarmes et pompiers devant les assises".
Un peu plus tard, le ministre de la Justice Pascal Clément avait annoncé la création d'une "infraction spécifique de violences volontaires sur agent de la force publique commise avec arme et en bande organisée", qui rendra passibles de 15 ans de réclusion, contre 10 aujourd'hui, ceux qui tendent des guet-apens contre les policiers.
Une nouvelle agression contre les forces de l'ordre a eu lieu vendredi soir à Orléans, où un véhicule de la BAC (brigade anti criminalité) a été pris à partie par des jeunes dans le quartier dit sensible de la Source, où des incidents ont eu lieu à plusieurs reprises depuis mardi. Selon certains policiers, elle pourrait avoir un lien avec la condamnation à de la prison ferme de deux jeunes pour avoir jeté des projectiles sur des policiers dans la nuit de mercredi à jeudi.
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