Banlieues

Publié le par romano_33

Banlieues: "nuit relativement calme", 6 policiers légèrement blessés

Des policiers interviennent à Montfermeil, le 27 octobre 2006 en banlieue parisienne
©AFP - Thomas Coex

PARIS (AFP) - La nuit de vendredi à samedi a été "relativement calme" dans les quartiers sensibles, a indiqué à l'AFP la direction générale de la police nationale, qui a fait état de six policiers légèrement blessés et de 25 interpellations dont 21 en Ile-de-France.

"La nuit a été relativement calme", a indiqué la direction de la police. De nouvelles attaques contre des autobus, avec deux autobus incendiés au Blanc-Mesnil (six en trois jours dont cinq en Ile-de-France), ont constitué le trait le plus marquant des incidents relevés, alors que six policiers ont été légèrement blessés et 25 individus interpellés dont 21 en Ile-de-France.

Le nombre des interpellations cité ne concerne que les interpellations liées à des violences urbaines, à l'exclusion de tout autre fait.

Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur souligne que "peu d'incidents ont été relevés au cours de la nuit du 27 au 28 octobre", un an après jour pour jour le début des émeutes dans les banlieues.

Les "principaux" se sont déroulés "en soirée et en début de nuit au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis)" avec "deux bus incendiés", et à Reims "avec une tentative d'incendie de bus. A Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Meaux (Seine-et-Marne) et Toulouse, les pompiers et les policiers intervenant pour faire cesser des dégradations et des incendies de véhicules ont été pris à partie".

Carcasse d'un bus incendié par deux hommes au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), le 27 octobre 2006
©AFP - Jack Guez

Le ministère de l'Intérieur qui salue le "professionnalisme des policiers, des gendarmes et des pompiers" rappelle qu'"avec un renfort des effectifs locaux par 4.000 policiers et gendarmes, un dispositif discret mais réactif avait été mis en place" qui "a permis d'intervenir rapidement où certains actes ont été commis".

Dans la région parisienne, c'est en tout début de soirée que les incidents les plus graves ont eu lieu avec l'incendie de deux autobus (six depuis 48 heures, dont cinq dans la banlieue parisienne).

Au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), vendredi à 18H15, deux individus cagoulés et armés ont mis le feu à un autobus de la compagnie Transports rapides automobiles. Vers 19H35, un véhicule de la RATP a été brûlé par six à dix personnes au visage masqué.

Peu avant minuit, dans une cité de Montfermeil, près de Clichy, de brèves échauffourées ont opposé policiers et groupes mobiles. Selon une source policière sur place, "un jet de pierres sur une voiture de police" aurait provoqué la confrontation, dans la cité survolée par un hélicoptère dont le projecteur balayait les lieux.

Marche silencieuse à Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2006, un an après la mort de Zyed et Bouna qui avait entraîné les émeutes de 2005
©AFP - Dominique Faget

A Gennevilliers (Hauts-de-Seine), pompiers et policiers ont essuyé un caillassage dans la cité du Luth, vers 22HOO.

Dans l'ensemble, le nombre des voitures brûlées aurait connu une légère hausse par rapport à la normale mais jugée peu significative, alors que la police se refuse à fournir un décompte à ce sujet afin de prévenir "tout effet de mimétisme".

Les premières informations recueillies par l'AFP en province confirment le sentiment d'une nuit plutôt calme.

Dans le Nord, les pompiers ont fait état d'une "soirée normale: cela n'a que très légèrement dépassé l'activité d'un soir de week-end habituel sur certains quartiers de la métropole (lilloise) mais c'est loin d'être alarmant", a-t-on indiqué. Les quartiers touchés ont été Lille-Sud, la ZUP de Loos et certains quartiers de Roubaix.

Dans le Pas-de-Calais (Lens, Arras), dans la Somme (quartiers nord d'Amiens), dans la Marne (Reims), rien de particulier n'a été signalé.

Dans le Rhône, la police a parlé d'une nuit "assez calme comme les nuits dernières": sept voitures incendiées, dont six à Vénissieux où une personne à été interpellées, et des "incivilités" commises à l'encontre des pompiers.

Dans la Loire, à Saint-Etienne une dizaine de voitures ont été brûlées mais il n'y a pas eu d'interpellation.

Reportage lors d'une marche à la mémoire de Zyed et Bouna. Durée 1mn12.
©AFP TV
Aucun incident notable n'a été relevé dans l'agglomération bordelaise, alors qu'à Toulouse quelques feux de voiture ont été signalés.

Vendredi de de 10H00 à 22H30, la journée d'hommages s'est déroulée dans le calme. "Il faut que le calme, la dignité, le courage qui règnent ici persistent. Montrons qui nous sommes vraiment!", a lancé le maire PS de Clichy-sous-Bois, Claude Dilain, après la marche à laquelle participaient des centaines d'adolescents. Les mots "Zyed et Bouna, morts pour rien" s'affichaient sur la banderole du défilé, dont le silence n'a été troublé que par les youyous de douleur d'une habitante.

Muhittin Altun, 18 ans, seul rescapé du drame, défilait, visage fermé.

Le 27 octobre 2005, Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, avaient été électrocutés dans un transformateur dont ils avaient escaladé les hautes enceintes pour fuir la police.

Leurs pères, tous deux éboueurs de la ville de Paris, l'un originaire de Tunisie et l'autre de Mauritanie, ont brièvement remercié la foule, devant la stèle inaugurée en mémoire des deux victimes. Puis 500 personnes se sont réunies dans un centre culturel de Clichy-sous-Bois, pour une soirée d'humour, de contes, chants, projections ou débats.

Dans la nuit du 27 au 28 octobre 2005, des dizaines de jeunes, décidés à "venger les deux petits morts à cause des flics", s'en étaient pris aux pompiers, policiers et bâtiments publics et avaient incendié des voitures.

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Publié dans scandale

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