Environnement: mesures fiscales du gouvernement dans une pré-campagne écolo

- Le gouvernement a annoncé lundi plusieurs mesures fiscales en faveur de l'environnement, dont la création d'une taxe charbon, dans une pré-campagne présidentielle très marquée par l'intervention récente de l'écologiste Nicolas Hulot.
Dominique de Villepin a par ailleurs lancé des appels à projets peu contraignants pour réfléchir à diverses mesures, des péages urbains dans les grandes villes à une taxe camion pour le transport routier dans les Alpes.
Le Réseau Action climat (RAC), collectif d'associations, a immédiatement regretté une "politique des petits pas" décevante face aux enjeux climatiques, dénonçant une "frilosité liée aux prochaines échéances électorales".
"Ce gouvernement joue la montre, sans prendre de risques", a affirmé son porte-parole Olivier Louchard à l'AFP.
Le Premier ministre a dit vouloir "renforcer le principe pollueur-payeur" en créant une taxe sur le charbon et en relevant de 10% les taxes sur les pollutions industrielles et déchets dès janvier 2007, à l'issue d'un Comité interministériel à Matignon.
Pour encourager "les comportements vertueux", les industriels bénéficiant d'une certification environnementale ne seront "pas concernés" par ces hausses.
La taxe sur la consommation de charbon, jusque-là non exemptée alors que polluante, sera de 1,19 euro/MWh.
Le produit de ces mesures, évalué à 50 millions d'euros, sera affecté "prioritairement" à la lutte contre le changement climatique, notamment "le soutien à la chaleur renouvelable", a expliqué le chef du gouvernement.
La taxe sur les nuisances sonores aériennes sera également augmentée de 10%, pour financer "l'insonorisation des logements situés à proximité des aéroports".
Un effort budgétaire est consenti pour favoriser la rénovation énergétique des bâtiments anciens, en passant d'un budget de 300 millions d'euros en 2006 à 1 milliard en 2007.
Et pour sensibiliser aux enjeux de l'écologie, le gouvernement augmente de 75% les moyens affectés aux campagnes de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), "pour leur donner un impact comparable aux grandes campagnes sur la santé".Le "pacte écologique" présenté la semaine dernière par l'animateur Nicolas Hulot, interpellant la classe politique autour de cinq propositions fortes, a replacé l'écologie et les risques du réchauffement climatique au centre de la campagne. A droite comme à gauche, M. Hulot fait désormais l'objet de sollicitations de toutes parts.
Matignon s'est cependant défendu de tout opportunisme, avançant que cette réunion était prévue de longue date.
Si le Premier ministre a souligné que l'environnement n'était "pas un combat partisan", il s'est targué d'un engagement "clair et résolu" et d'un gouvernement "pionnier" en matière d'énergies renouvelables.
Il a souhaité que l'Europe "reprenne la main sur la scène internationale" et pèse "de tout son poids pour refuser" tout "dumping environnemental".
Paris veut ainsi proposer à ses parternaires européens, dès le premier trimestre 2007, la mise en place ambitieuse d'une "taxe carbone" sur les importations de produits industriels en provenance de pays qui refuseraient "de s'engager en faveur du protocole de Kyoto après 2012".