En fuite au Pakistan, l'agresseur présumé de Chahrazad est rentré en France
En fuite au Pakistan, l'agresseur présumé de Chahrazad, cette jeune fille brûlée à 60 % il y a un an à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), est arrivé à l'aéroport de Roissy vendredi soir après avoir décidé de se livrer à la justice française.
A son arrivée peu avant 22h00, des policiers lui ont notifié son mandat d'arrêt international.
Ce Pakistanais de 25 ans, dont l'identité n'a pas été précisée, a ensuite été escorté par une dizaine de policiers, tête baissée, menotté dans le dos, un blouson sur le visage, vers le parquet du tribunal de Bobigny.
Il devrait être présenté au juge d'instruction chargé de l'affaire dans les heures à venir en vue d'une probable mise en examen pour "tentative d'assassinat" avant de faire un passage devant le juge des libertés et de la détention qui décidera de son incarcération.
Le 13 novembre 2005, il avait aspergé d'essence Chahrazad, une étudiante alors âgée de 18 ans, parce qu'elle lui aurait refusé plusieurs fois sa main.
Depuis, la jeune femme, le corps brûlé à 60 %, a subi plusieurs opérations de chirurgie réparatrice.
La semaine dernière, l'enquête s'est accélérée quand des policiers de la brigade criminelle de Paris, en charge de l'enquête, se sont rendus au Pakistan et, en "parfaite coordination avec les autorités pakistanaises", selon une source proche du dossier ont pu localiser le jeune homme.
Celui-ci, qui, selon cette source, "était très épris" de la jeune femme, aurait alors "pris conscience de son geste" et décidé de revenir à Paris pour "en assumer les conséquences".
Les policiers étaient rentrés à Paris en milieu de semaine et le jeune homme avait embarqué vendredi vers 14H30 heure locale sur un vol à destination Roissy.
L'agression de Chahrazad, qui survenait deux ans après celle commise contre la jeune Sohane, 17 ans, morte brûlée vive en 2002 à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), avait provoqué une énorme émotion. Une marche avait été organisée quelques jours plus tard dans les rues de Neuilly-sur-Marne à l'initiative de sa famille pour dénoncer un "acte inhumain que rien ne justifie".
Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) avait exprimé toute "son horreur et sa révulsion devant un acte barbare" et la Ligue des droits de l'homme (LDH) estimé que "l'horreur qu'inspire de tels actes donne la mesure de la violence et de l'archaïsme des rapports de sexe dans lesquels vit encore la société française".
En avril, dans un entretien publié par le quotidien gratuit 20 Minutes, Chahrazad avait estimé que "tous les moyens nécessaires" pour retrouver" son agresseur alors en fuite n'avaient "pas été mis en oeuvre" et avait souhaité que "sa photo soit diffusée partout et qu'il sache qu'il paiera un jour ou l'autre".
Interrogée vendredi soir par l'AFP après l'annonce du retour de son agresseur présumé, Chahrazad, s'est dite "satisfaite" et "soulagée", ajoutant "n'avoir pas peur d'un face-à-face et d'un procès".