Liban: le ministre de l'Industrie Pierre Gemayel tué dans un attentat
Le ministre libanais antisyrien de l'Industrie, Pierre Gemayel, a été tué mardi dans un attentat dans la banlieue nord de Beyrouth, a-t-on appris de source des services de sécurité.
"M. Gemayel a été grièvement blessé dans l'attentat. Evacué vers un hôpital, il a succombé à ses blessures", a affirmé cette source.
Selon l'agence officielle ANI, des inconnus ont ouvert le feu sur le convoi du ministre à Jdeideh, au nord de Beyrouth.
Agé de 34 ans, le ministre a été abattu à bout portant alors qu'il était au volant de sa voiture sur la route de Jdeidé, selon un témoin.
Trois hommes ont d'abord immobilisé sa voiture avant de faire feu, l'atteignant à la tête, a-t-il ajouté.
Peu après l'attentat, l'armée libanaise s'est déployée en force dans la capitale.
Pierre Gemayel, chrétien maronite, est le fils de l'ancien président Amine Gemayel et neveu du président élu assassiné en 1982 Bachir Gemayel. Il fait partie de la majorité parlementaire antisyrienne.
Le chef de cette majorité, Saad Hariri, qui tenait une conférence de presse au moment de l'attentat a accusé sans la nommer la Syrie. "Ils font ce qu'ils ont promis de faire, ils veulent assassiner tout homme libre au Liban", a affirmé M. Hariri, fils de l'ex Premier ministre Rafic Hariri tué dans un attentat en 2005.
Cet assassinat intervient alors que le Liban est plongé dans une grave crise politique, exacerbée par la démission de six ministres pro-syriens, dont cinq chiites du Hezbollah et d'Amal, deux partis qui réclament un cabinet d'union nationale.
Il intervient aussi quelques heures avant l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU du projet de création du tribunal international qui doit juger les assassins de Rafic Hariri.
Les Etats-Unis ont dénoncé l'assassinat, le qualifiant d'"acte de terrorisme" alors que Londres s'est dit "consterné". Le président français Jacques Chirac a de son côté condamné "cet odieux attentat avec la plus grande fermeté", exprimant "le souhait que les assassins soient poursuivis et punis".