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Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a rejeté dimanche tout cessez-le-feu immédiat avec le Hezbollah, exigé par le Liban, en dépit de la mort d'au moins 51 civils dans un bombardement israélien à Cana, au Liban sud. Condoleezza Rice a dû annuler son voyage à Beyrouth. - Raid le plus sanglant depuis le début du conflit
Les images sont particulièrement difficiles et embrasent plus encore le Proche-Orient : des corps jonchant les décombres d'un local sous-terrain où s'étaient justement abrités des civils. Des bombardements israéliens ont fait dimanche au moins 51 morts, dont 22 enfants et une dizaine de femmes, à Cana, village du sud Liban. Des victimes pourraient encore être ensevelies, mais ces nouvelles victimes portent à plus de 700 le nombre de morts au Liban depuis le début du conflit, le 12 juillet. Des dizaines de bâtiments ont été détruits dans ce un village de l'est de Tyr. Les casques bleus de l'ONU se sont repliés dans leurs bases.
C'est l'un des raids les plus sanglants depuis le début de l'offensive. Les critiques internationales pleuvent contre ce "massacre". Il a été fermement condamné par Jacques Chirac, qui parle d'acte "injustifiable" et appelle de nouveau à l'arrêt du conflit. Le président français a décidé d'envoyer le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, lundi à Beyrouth, pour exprimer "la solidarité" au peuple libanais.
- Les Libanais en colère
Ce raid enflamme le Liban endeuillé. Apprenant la nouvelle du raid de Cana, des milliers de manifestants se sont réunis dans le centre de Beyrouth en signe de protestation. Plusieurs centaines de Libanais, en colère et en pleurs, ont même attaqué la "Maison de l'ONU", siège de l'organisation internationale dans le centre de Beyrouth. Ils ont mis le feu à des drapeaux des Nations-Unies, jeté des pierres sur la façade et brisé des portes, criant à la "barbarie" d'Israël, tandis que le personnel s'abritait dans les sous-sols. Le Hezbollah, de même que le Hamas palestinien, ont immédiatement de venger le raid meurtrier de Cana.
- Israel rejette tout cessez-le-feu
Ce raid meurtrier bloque encore la situation déjà ultra délicate au Proche-Orient. "En dépit de cet incident pénible, je ne demanderai pas aux forces de défense de stopper le feu ou de modifier leurs opérations. Nous continuerons à agir sans hésitation contre le Hezbollah. Nous ne cesserons pas cette opération", a déclaré dimanche le Premier ministre israélien Ehud Olmert, à l'issue d'un conseil des ministres, rejettant tout cessez-le-feu immédiat avec le Hezbollah, exigé par le Liban (Lire ci-dessous).
L'armée israélienne, tout en présentant ses excuses pour la mort de dizaines d'innocents, ne veut pas parler de bavure. Elle affirme avoir demandé aux civils d'évacuer et rejette l'entière responsabilité des pertes civiles à Cana sur le Hezbollah qu'il accuse d'utiliser ce village comme base de tirs de roquettes contre son pays. Ce village serait le refuge des combattants du Hezbollah selon Israël. D'après le site internet du journal Maariv, le général Dan Halutz aurait affirmé au président israélien Moshe Katsav que Tsahal ne savait pas "où se trouvaient les civils du village".
- Beyrouth ne veut plus négocier
Le refus d'Israël de stopper le conflit faisait suite à la réaction du Premier ministre libanais. Après le raid de Cana, Fouad Siniora a aussitôt exigé un cessez-le-feu immédiat et sans conditions. Parlant des "criminels de guerre israéliens", il a déclaré qu'aucune négociation ne serait possible avant un tel cessez-le-feu. "En cette triste matinée", il a aussi réclamé la convocation d'urgence d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU et "une enquête internationale sur les massacres israéliens en cours au Liban".
Beyrouth a en outre déclaré que Condoleezza Rice, actuellement en Israël, n'est dans ces circonstances pas la bienvenue dans le pays.
- Condoleezza Rice au Proche-Orient pour la seconde fois
Ces derniers évènements chamboulent les déclarations américaines. "Il est temps de parvenir à un cessez-le-feu" : pour la première fois, Condoleezza Rice a appelé, depuis Jérusalem, à la fin du conflit, après le bombardement terrible de Cana. Peu avant, Beyrouth a annoncé que la secrétaire d'Etat américaine, en visite pour la seconde fois en une semaine en Israël, n'était pas la bienvenue à Beyrouth tant qu'un cessez-le-feu n'était pas déclaré. Elle-même a confirmé qu'elle ne se rendrait pas au Liban tout en se disant "attristée" par ce raid meurtrier.
La secrétaire d'Etat américaine a affirmé qu'elle resterait en Israël pour élaborer un plan de cessez-le-feu. Elle y a poursuivi dimanche ses entretiens avec les officiels israéliens, au lendemain de son arrivée dans l'Etat hébreu. Elle a rencontré son homologue israélienne, Tzipi Livni, avant de s'entretenir avec le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz. Samedi, Condoleezza Rice a discuté avec le Premier ministre israélien, Ehud Olmert.
- Tsahal pilonne près de la Syrie
En même temps qu'elle poursuivait ses raids sur le Liban sud, tuant 5 membres du Hezbollah, l'aviation israélienne a bombardé dimanche avant l'aube les abords du poste-frontière libanais de Masnaa, à la frontière avec la Syrie, qui a été visé auparavant à trois reprises. Ces raids ont entraîné la fermeture de facto de la route Beyrouth-Damas. Trois missiles sont tombés sur la route, près du bâtiment des douanes, du côté libanais de la frontière. Tsahal a précidé que ces raids "visaient uniquement la route et avaient pour seul but d'empêcher des fournitures d'armes à destination du Hezbollah", en provenance de la Syrie et ne visaient pas la Syrie. Ces frappes interviennent après que la police israélienne a déclaré que les missiles tirés vendredi par le Hezbollah sur la ville d'Afoula, dans le nord d'Israël, étaient de "fabrication syrienne".
- Le Hezbollah menace Israël
Quelque 330.000 habitants du nord d'Israël auraient fui les tirs de roquettes du Hezbollah depuis le début, il y a 18 jours, de l'offensive israélienne contre la milice chiite libanaise, selon un porte-parole de Tsahal. Près d'un million d'Israéliens seraient sous la menace des tirs du Hezbollah. Une trentaine de roquettes sont encore tombées sur Haïfa dimanche matin.
Dans une déclaration à la télévision Al Manar, propriété du Hezbollah, Hassan Nasrallah a menacé samedi de prendre pour cibles les villes du centre d'Israël, si l'Etat hébreu "poursuit son agression contre le peuple" libanais. "Afoula n'est qu'un début", a-t-il déclaré en référence aux tirs de missiles vendredi contre cette ville du nord d'Israël, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière du Liban (sans toutefois faire de victimes). Le chef du Hezbollah a également lancé un appel du pied au gouvernement libanais : "nous tenons à coopérer avec le gouvernement pour préserver un Liban uni".
Hassan Nasrallah a en outre soutenu que la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice revenait au Proche-Orient pour imposer "des conditions" au Liban dans le cadre de ses plans pour imposer un nouvel ordre au Moyen-Orient.
(Photo TF1-LCI : comabts à Maroun-al-Ras)
source: lci.fr