Dernière nouvelle:Les blouses Blanches en grève
La grève à laquelle sont appelées les cliniques privées ce mardi pour protester contre un plan d'économies du gouvernement "est suivie par 92% des établissements", a indiqué à l'AFP la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP).
"92% des établissements de médecine, chirurgie, obstétrique (MCO), de soins de suite et des établissements psychiatriques suivent le mouvement", a affirmé un porte-parole de la FHP, qui représente la quasi-totalité du secteur.
Selon lui, "la grève est suivie à 100% en Lorraine, Nord Pas-de-Calais, Picardie, et Champagne-Ardennes. Dans les autres régions, elle est suivie à 90%", a-t-il poursuivi.
Selon la FHP, "les blocs opératoires sont fermés, aucune opération programmée n'est réalisée, il n'y a pas de consultations". Seules sont assurés les urgences vitales et les accouchements qui ne peuvent être reportés, a-t-elle dit.
La FHP appelle ce mardi les 1.260 cliniques privées à une grève des soins, pour dénoncer la décision du gouvernement de baisser de près de 3%, et pendant les trois derniers mois de 2006, les tarifs qui leur sont remboursés par la Sécurité sociale. Cet effort représente 60 millions d'euros pour les cliniques, sur un plan d'économies de 350 M d'EUR au total.
Cette baisse de tarifs, qui ne concerne pas les patients, est destinée à contenir le déficit de l'assurance maladie estimé
La grève avait été décidée le 7 septembre, au lendemain de l'annonce par le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, d'un plan global de 350 millions d'économies pour la fin de l'année afin de réduire le déficit de l'assurance maladie, estimé à 6,3 mds d'EUR fin 2006.
L'effort demandé aux cliniques privées est de 60 millions d'euros. Il prévoit la baisse (sur les trois derniers mois de l'année) de près de trois points des tarifs des actes directement remboursés par la Sécurité sociale aux cliniques. La baisse de tarifs ne concerne pas les patients.
Au 1er janvier 2007, les tarifs reviendront à leur niveau actuel, a promis M. Bertrand.
Pour justifier sa décision, le ministre a indiqué que l'assurance maladie avait constaté dans ces établissements privés au cours des premiers mois de 2006 "un dépassement de 300 M d'EUR" par rapport aux objectifs de dépenses fixés par la loi de financement de la sécurité sociale.
Le 31 mai, le Comité d'alerte sur l'évolution des dépenses maladie, chargé de prévenir les pouvoirs publics dès que les dépenses dérapent, avait déjà tiré la sonnette d'alarme sur les dépenses des cliniques.
Le président de la FHP estime que le gouvernement a pris cette décision sans concertation avec le secteur et sur la foi de "chiffres faux (...) qui ne sont que des extrapolations à partir de l'activité des quatre premiers mois de l'année".
Le Syndicat des cliniques spécialisées (SCS, minoritaire) appelle lui aussi à une journée de mobilisation, mais sans arrêt de l'activité.
La Fédération hospitalière de France (FHF), qui représente les hôpitaux publics, a jugé les efforts financiers demandés aux cliniques "anormalement faibles" comparés à ceux imposés aux hôpitaux, touchés par le plan d'économies à hauteur de 115 M d'EUR.
"La place du secteur privé dans le système de soins français ne l'autorise pas à exercer aujourd'hui un chantage sur le gouvernement pour refuser les restrictions envisagées", a pour sa part affirmé la fédération Santé de la CGT.
"Le secteur privé de la santé est aujourd'hui tenu en partie par des groupes financiers côtés en bourse pour qui la santé n'a qu'une valeur marchande", a-t-elle ajouté.
FO et le syndicat des cadres CFDT ont aussi regretté que "l'hôpital public doive produire des efforts pour compenser un dépassement dû au secteur privé".
Le dernier mouvement de grève des cliniques privées remonte à 2001.
Les chirurgiens, obstétriciens et anesthésistes exerçant en cliniques privées avaient déjà fait grève cet été pour dénoncer leurs primes d'assurance élevées. Ils ont aussi appelé en septembre la profession à des dépassements d'honoraires sauvages.
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