Marseille 2...
L'enquête s'oriente vers le quartier où le drame a eu lieu même si les témoins manquent. La victime, brûlée à 60%, est maintenue en coma artificiel.
Son pronostic vital reste engagé et "le temps des greffes viendra lorsque sera évalué de manière plus fiable la profondeur des blessures", selon les médecins.
Mama Galledou, l'étudiante marseillaise d'origine sénégalaise, grièvement brûlée dans l'incenide du bus, samedi soir à Marseille, lutte toujours contre la mort. La jeune femme de 26 ans, "a passé avec succès le cap des premières 36 heures" même si le pronostic vital reste "engagé", a indiqué à la presse le professeur Jean-Claude Manelli du service des grands brûlés de l'hôpital de la Conception, lundi à la mi-journée. "Nous ne pouvons toujours pas faire de pronostic pour les jours à venir. Le délai pour se prononcer est de trois semaines", a déclaré le Pr Manelli, visiblement très affecté.
"Un certain nombre de complications sont susceptibles d'apparaître, d'ordre respiratoire, neurologique, nutritionnel, rénal" pour la victime, brûlée à 60% au visage, aux jambes, aux bras et au thorax, a précisé le spécialiste. "Le temps des greffes viendra lorsque sera évalué de manière plus fiable la profondeur des blessures", a-t-il ajouté. Mama Galledou "est maintenue en coma artificiel pour calmer sa douleur et la ventiler, elle ne souffre pas en ce moment", a assuré le praticien. Le père, des frères et des cousins se sont rendus discrètement à la mi-journée au chevet de la blessée. Mama Galledou est inscrite en première année de master de nutrition à la faculté de Marseille-Aix III au campus de Saint-Jérôme, selon l'université.
Jeunes des cités voisines
Lundi matin, Nicolas Sarkozy a déclaré sur Europe 1 que la police est sur la piste des incendiaires de l'autobus. "Il y a un énorme travail qui a été fait depuis que cet acte criminel inadmissible, inacceptable, et qui ne restera pas sans réponse, a été commis", a-t-il expliqué. Je me suis "engagé devant la famille de cette jeune fille, famille que j'ai eu plusieurs fois au téléphone, le frère, le père, la mère, à ce que nous retrouvions les coupables et j'ai bon espoir que, dans les prochains jours, il y ait des éléments nouveaux", a-t-il souligné. "Nous avons des éléments qui nous permettent de penser qu'il y a dans les auteurs des mineurs", a-t-il ajouté.
Selon les premiers témoignages, ce sont quatre jeunes au visage dissimulé par une capuche qui ont incendié l'autobus avec du liquide inflammable ou un cocktail Molotov. Le fait qu'ils se soient enfuis à pied laisse penser aux 30 à 35 enquêteurs en charge d'élucider ce drame qu'il s'agit de jeunes du coin, des cités des Lilas, des Oliviers ou des Hirondelles, même si aucune interpellation n'a eu lieu. Les indices matériels sont difficilement exploitables, l'incendie ayant rendu inutilisable la vidéo du bus et détruit les empreintes. Mais "ça pourrait avancer très rapidement", a confié une source proche de l'enquête.
Sécurité renforcée
Les conducteurs de bus, qui avaient exercé leur droit de retrait dimanche, ont tout de même repris le volant lundi à Marseille, dans la peur et l'indignation. En revanche, à Nice, en signe de solidarité, des conducteurs de bus ont refusé de travailler à l'appel de la CGT. Dominique de Villepin a présidé ce lundi matin, à Matignon, une réunion sur la sécurité et les transports publics .après l'émotion unanime suscitée par l'incendie volontaire d'un bus samedi à Marseille où une jeune femme a été grièvement brûlée.
Face à cet incident, le plus dramatique autour de 'l'anniversaire' redouté de la première nuit d'émeutes de 2005, l'émotion a été générale et a amené le gouvernement à décider un renforcement de la sécurité dans les transports. Des mesures ont été immédiatement arrêtées : le nombre de CRS a été doublé à Marseille, avec l'envoi de deux compagnies s'ajoutant aux deux déjà en place. Depuis dimanche, une "tolérance zéro" est appliquée dans huit zones "sensibles" de la ville, a indiqué le préfet de la région PACA (Provence-Alpes-Côte d'Azur) Christian Frémont, ajoutant que les quatre terminaux principaux de bus feraient par ailleurs l'objet d'une "surveillance permanente" par la sécurité publique .
(D'après agence)