Mort accidentelle...

"Jean-Jé" Colonna, âgé de 67 ans, s'est tué mercredi dans un accident de voiture en Corse-du-Sud.
Il était considéré comme le dernier parrain corse par un rapport parlementaire de 1998.
Il était considéré comme le dernier "parrain" corse. Jean-Baptiste Jérôme Colonna, dit "Jean-Jé", s'est tué mercredi au volant d'une Clio d'emprunt en Corse-du-Sud. Il avait 67 ans. L'accident s'est produit en milieu de matinée à Serra di Ferro, près de Porto-Pollo. Jean-Jérôme Colonna était seul au volant quand son véhicule a effectué une sortie de route au niveau d'un pont. Il est tombé dans le ravin, effectuant quelques tonneaux avant de s'enflammer. D'autres automobilistes se sont arrêtés et l'ont extrait de son véhicule en flammes.
Les pompiers arrivés rapidement ont constaté le décès par arrêt cardiaque, ayant vainement tenté de le ranimer, sans pouvoir pour l'heure préciser s'il était antérieur à la sortie de route ou consécutif de l'accident. Les gendarmes, qui ont établi un "périmètre d'investigation autour des lieux de l'accident", n'ont pas constaté de traces éventuelles de balles. Le parquet a ordonné une autopsie du corps et une enquête est ouverte auprès de la gendarmerie pour "recherche des causes de la mort".
Deux cavales
Le rapport remis en 1998 par la commission d'enquête parlementaire sur "l'utilisation des fonds publics et la gestion des services publics en Corse", présidée par Jean Glavany (PS), le qualifiait de "seul véritable parrain" dans l'île. Ce qu'il a nié en août 2002, dans une interview au mensuel Corsica, reconnaissant seulement avoir côtoyé le "milieu", pour venger son père assassiné en 1955.
Jean-Jé Colonna avait été condamné à Marseille en 1978 à 17 ans de prison pour avoir été l'un des organisateurs de la French Connection (organisation criminelle française chargée de faire transiter de l'héroïne depuis la région de Marseille jusqu'aux Etats-Unis dans les années 50-60). Mais son procès en appel, retardé pour des raisons mal expliquées, n'avait jamais eu lieu. Jean-Jé avait alors fui en Amérique latine, pour revenir en 1985 dans son village de Pila Canale, près de Propriano, alors que les faits étaient prescrits. Resté assez discret, il avait continué "à entretenir un certain nombre d'activités autour de l'hôtellerie, des jeux et des boîtes de nuit dans le secteur d'Ajaccio" selon le rapport Glavany.
En 2004, il avait mis fin à deux ans d'une nouvelle cavale en se présentant au procureur d'Ajaccio, à la veille d'un procès pour emplois fictifs dans deux supérettes et un hôtel de luxe à Propriano gérés par son épouse. Le procès faisait suite à une information judiciaire pour blanchiment à la suite de mouvements de fonds suspects au casino d'Ajaccio. Il avait alors été condamné, ainsi que sa femme, à 36 mois de prison, dont 6 ferme, pour des emplois fictifs mais était sorti libre du tribunal correctionnel, aucun mandat de dépôt n'ayant été retenu à l'audience. Cette peine avait été confirmée par la cour d'appel de Bastia en 2005. Il avait fait un pourvoi en cassation, suspensif. Habitant Pila-Canale, il fut un proche de son ancien maire, Robert Feliciaggi, abattu sur le parking de l'aéroport d'Ajaccio en mars 2006.
D'après agence