Cité "sensible"...

Publié le par romano_33


...perquisition interdite ?



Pour éviter des troubles un an après les émeutes urbaines, le préfet du Nord aurait empêché une perquisition dans une cité de Roubaix.

L'Union Syndicale des Magistrats juge un tel ordre "choquant et incompréhensible", la préfecture plaide le "défaut d'interprétation".


Les faits remonteraient au 21 octobre dernier - mais ils n'ont été révélés que ce jeudi matin par France Bleu Nord et Le Parisien. Ce jour-là, dans une cité dite "sensible" de Roubaix, une perquisition est prévue. Elle doit être menée par des gendarmes de Grenoble, qui s'apprêtent à démanteler un réseau de trafic de drogue et doivent se rendre au domicile de l'un des principaux suspects. Mais la perquisition n'aura jamais lieu. Elle est annulée après une note de la préfecture du Nord. Raison invoquée : des "motifs d'ordre public" un an après les émeutes urbaines - en clair : éviter tout risque de nouvelles violences dans cette cité.

Le Parisien reproduit le procès-verbal d'investigation de l'un des enquêteurs, qui constitue une accusation directe : "Le préfet du département du Nord n'autorise pas les opérations de police dans ce secteur sensible actuellement pour des raisons d'ordre public".

L'USM s'indigne, la préfecture dément

"Cela me paraît extrêmement surprenant, extrêmement choquant qu'un préfet puisse d'autorité décider ne pas donner suite à une opération de perquisition aussi importante que celle-là, alors même que la justice est par ailleurs accusée de démissionner face à la délinquance", a réagi jeudi le président de l'Union Syndicale des Magistrats, Bruno Thouzellier, sur France Inter. "On peut constater que d'un côté les magistrats travaillent, que les gendarmes travaillent sous leur autorité pour démanteler un trafic de stupéfiants international extrêmement important, et que de l'autre on les empêche d'aller jusqu'au bout de leur enquête".

Pour sa part, la préfecture du Nord a démenti, toujours dans les colonnes du Parisien, avoir donné une telle consigne de ne pas intervenir, de même que la gendarmerie. "Cette histoire est due à un manque de coordination des enquêteurs de ville différentes", voire à un "défaut d'interprétation", a affirmé la préfecture.

"Je ne fais de procès d'intention à personne, mais quand des officiers de police judiciaire se déplacent, en général on leur donne les moyens de perquisitionner. Entre gendarmes ce ne sont pas des gens qui ne se comprennent pas sur un sujet aussi technique", a rétorqué Bruno Thouzellier. "La direction de la gendarmerie a dû recevoir des instructions en ce sens, c'est le procès-verbal qui le dit, c'est assez clair", a-t-il ajouté. "J'ai du mal à percevoir le problème de communication. On constate que la perquisition n'a pas pu se tenir et que l'enquête va être affaiblie".

Casseurs relâchés : Sarkozy demande une enquête

La décision du patron de la police de Seine-et-Marne de relâcher, vendredi dernier, une soixantaine de personnes interpellées après des dégradations de véhicules, pour éviter des troubles un an après les émeutes urbaines, a suscité mercredi la colère de syndicats de police. "J'ai demandé au directeur général de la police un rapport très circonstancié pour comprendre ce qui s'est passé", a déclaré mercredi soir Nicolas Sarkozy devant la presse à Marseille, où il s'était rendu au chevet de la jeune femme grièvement brûlée samedi dans l'incendie criminel d'un bus.

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Publié dans Actualité

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