Sursaut de la consommation en octobre
La consommation des ménages a augmenté de 0,9% en octobre. Des chiffres à tempérer au regard des comportements d'achat des consommateurs.
Depuis janvier 2005, la production industrielle a perdu 0,3%.
Après une baisse de 2,5% en septembre, la consommation des ménages français en produits manufacturés repart à la hausse : elle a progressé de 0,9% en octobre, a annoncé mercredi l'Insee. Sur douze mois, d'octobre 2005 à octobre 2006, la consommation des ménages en produits manufacturés affiche une nette progression de 4,2%.
Les dépenses sont à la hausse de +1% pour les biens durables (matériel de transport et équipement du logement), après une baisse de 0,7% en septembre. Les dépenses de consommation en textile cuir redressent également un peu la tête avec une hausse de 1,5%, consécutive à une chute vertigineuse de 9% en septembre. Les achats des ménages en automobiles et les dépenses en biens d'équipement du logement (électronique grand public, électroménager, meubles) progressent respectivement de 1,1% et de 0,9%.
Les problèmes se posent "du côté de l'offre"
Mais si les chiffres sont bons, les économistes s'accordent pour souligner que cette embellie doit être examinée avec soin. "Le problème est de savoir à qui cette consommation profite", précise Nicolas Bouzou, analyste chez Asteres. "Depuis janvier 20005, la consommation de produits manufacturés a augmenté de 5,5% alors que la production industrielle a perdu 0,3%. L'effet d'entraînement de la consommation s'amenuise à mesure que l'entreprise France perd des parts de marché".
Une analyse partagée par Mathieu Kaiser, économiste chez BNP Paribas : "Ce n'est pas du côté de la demande que les problèmes se posent, mais du côté de l'offre. Ce sont une fois de plus les produits importés qui ont la part belle dans l'explication du rebond de la consommation". Nicolas Bouzou estime d'ailleurs qu'il est plus que urgent de permettre à l'industrie française de "redevenir réactive et innovante". Et de conclure : "les salaires et le pouvoir d'achat suivront. Consommer, c'est bien, mais consommer et investir (et même pourquoi pas exporter), c'est mieux".
D'après agence