Litvinenko probablement victime du polonium

Publié le par romano_33


L'ex-espion russe, décédé jeudi, aurait été empoisonné par cette substance très radioactive et cancérigène détectée en "dose massive" dans son corps.

Alexandre Litvinenko a accusé Vladimir Poutine de sa mort dans une lettre posthume, lue à la presse vendredi.


Il s'agit d'un "événement sans précédent au Royaume-Uni", selon le docteur Pat Troop, responsable de l'Agence de protection de la santé (HPA). Cette dernière a annoncé vendredi que l'ex-espion russe Alexandre Litvinenko, décédé jeudi, avait probablement été empoisonné par du polonium 210, une matière hautement radioactive et cancérigène que Marie Curie avait découverte en 1898. "Cet homme a eu une importante dose de radiations", a ajouté Mme Troop, parlant même de "dose massive".

Le polonium, élément naturel très rare dérivé de l'uranium, est plus radioactif encore que le radium. Une personne peut être irradiée après avoir ingéré la substance, l'avoir inhalée, ou avoir été contaminée par une blessure. Les autorités sanitaires ont ajouté qu'elles enquêtaient sur le risque éventuel pour les personnes ayant été en contact avec l'ancien espion, notamment à l'hôpital londonien où il était soigné, tout en soulignant que le risque de contamination était "très limité".

"Pour empoisonner quelqu'un, il faut de plus grandes quantités et il faudrait les fabriquer soi-même, peut-être dans un accélérateur de particules ou un réacteur nucléaire", a pour sa part expliqué le Pr Dudley Goodhead, du Conseil de la recherche médicale, car "dans la nature, il y a de très petites quantités de polonium 210". Les autorités sanitaires ont : "On ignore à ce stade comment cette substance s'est retrouvée dans son corps. La police enquête là-dessus". Une bâche a été posée sur la maison de Litvinenko dans le nord de Londres, laissant penser que son domicile était fouillé.

Accusation posthume

Tout en présentant ses condoléances à la famille de Litvinenko, Vladimir Poutine a estimé vendredi, depuis Helsinki, qu'il n'y "avait pas de raison de spéculer" sur sa mort, puisque "d'après ce qu'il avait compris, le communiqué médical ne dit pas que c'est une mort violente". Il a dénoncé l'utilisation de son décès à des fins de "provocation politique".

Cette déclaration faisait suite à la révélation vendredi matin, par l'ami et porte-parole de l'ex-agent, d'une lettre écrite le 21 novembre par Litvinenko, soit 48 heures avant sa mort. Il y accusait ouvertement Vladimir Poutine de sa mort. Opposant déclaré au président russe, Alexandre Litvinenko a écrit dans cette lettre : "Vous pouvez réussir à faire taire un homme (...) mais les protestations de partout dans le monde se répercuteront dans vos oreilles, M. Poutine, pendant le reste de votre vie".

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Publié dans Actualité

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