Ecole : "On a évité le vin à la cantine !"

Xavier Bertrand, ministre de la Santé, a critiqué mardi le rapport parlementaire qui propose d'éduquer les jeunes aux bienfaits du vin.
"Avant de parler des effets bénéfiques, il faut parler des risques", a poursuivi le ministre.
"Mettre en place des programmes d'éducation pour la santé informant des effets bénéfiques du vin". La proposition, qui figure au cœur d'un rapport parlementaire, a suscité mardi une vive réaction de Xavier Bertrand, ministre de la Santé.
"Certains me disent qu'on a évité le pire, on n'a pas recommandé la mini canette de bière ou de vin à la cantine", a lancé le ministre sur France Inter. "On ne va pas apprendre quel est l'effet bénéfique de l'alcool, ou alors je suis désolé, il va falloir passer les quatre cinquièmes du programme pour parler des risques liés aux premix (boissons alcoolisées), des risques liés à l'alcool, aux dépendances, aux addictions", a souligné Xavier Bertrand.
Alcoolisation extrême
Et d'ajouter : "Avant de parler des effets bénéfiques, il faut parler des risques liés à la consommation d'alcool et des risques liés à la dépendance". "Si on doit travailler sur la question des plus jeunes, on a un nouveau phénomène qui se développe, c'est l'alcoolisation extrême, notamment les week-ends", a estimé le ministre. "On a besoin de casser ce lien entre fête et alcool", a-t-il encore précisé.
Le rapport d'information sur "la situation de la viticulture", déposé au nom de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée par les députés UMP Philippe-Armand Martin (Marne) et Gérard Voisin (Saône-et-Loire), estime que "l'éducation au goût doit faire partie de l'éducation générale" et recommande d'"apprendre à nos enfants quels sont les produits du terroir, comment on les cultive, comment on les transforme pour faire naître le goût".
| 45.000 décès annuels |
Xavier Bertrand doit clore mardi soir les "états généraux de l'alcool" à La Défense. La France connaît la surmortalité masculine liée à l'alcool la plus élevée d'Europe, de 30% supérieure à la moyenne des pays de l'Union, selon le ministère de la Santé. 45.000 décès liés à une consommation régulière d'alcool y sont enregistrés chaque année. Ce qui fait de la consommation d'alcool la deuxième cause de mortalité évitable en France après le tabac. Seulement un Français sur 4 connaît le seuil de consommation d'alcool à risque pour les hommes (3 verres d'alcool par jour) et un sur 3 celui des femmes (2 verres par jour), selon une enquête publiée à cette occasion par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes). Les campagnes d'information et de prévention sont jugées utiles par 83% des Français, et seulement 29% estiment qu'elles vont à l'encontre de leur liberté d'agir. Un Français sur deux (58%) pense que les pouvoirs publics n'en font "pas assez" dans ce domaine.