Comment un avion de Ryanair a frôlé le crash

La catastrophe a été évitée de justesse le 23 mars dernier. Le rapport d'enquête pointe la responsabilité des pilotes, mais surtout de la compagnie.
Ryanair avait omis d'avertir l'équipage d'un changement de balisage. Conséquence : le Boeing a émergé des nuages à seulement 400 pieds du sol.
Le rapport d'enquête irlandais rendu public mardi au sujet d'un incident de vol d'un avion de Ryanair fait froid dans le dos. Il révèle que cet appareil de la compagnie aérienne irlandaise à bas prix, qui reliait Londres-Gatwick à Knock en Irlande avec 144 personnes à bord, a failli s'écraser le 23 mars dernier. Et il pointe les lacunes et les responsabilités dans ce qui aurait pu tourner à la catastrophe.
Selon le rapport publié par l'Unité d'enquête sur les accidents aériens irlandaise (AAIU), disponible sur son site internet, le Boeing 737-800 a émergé des nuages à seulement 400 pieds au-dessus du sol, soit environ 130 mètres, obligeant les pilotes à remonter d'urgence. Des balises, qui aident les pilotes en cas de mauvaise visibilité, avaient été déplacés temporairement pendant des travaux, mais Ryanair, quoique prévenue depuis six semaines, avait omis de signaler ce fait à ses pilotes.
Selon le rapport, cela a conduit les pilotes à programmer une mauvaise information d'atterrissage dans l'ordinateur de bord qui gère le pilote automatique. Quand, au moment de l'arrivée, un contrôleur aérien leur a demandé de modifier leur approche, les pilotes se sont alors trouvés "tellement absorbés" par la manipulation de l'ordinateur de bord qu'ils n'ont pas réalisé qu'ils descendaient plus rapidement que la normale et s'approchaient dangereusement du sol. A la sortie des nuages, le pilote aux commandes a dû couper d'urgence le pilote automatique pour exécuter une manoeuvre manuelle de remontée "non conforme aux procédures", selon le rapport. La catastrophe a été évitée "de justesse", selon le rapport.
L'enquête a mis en cause le capitaine pour s'être distrait de sa tâche de pilotage, mais surtout Ryanair elle-même pour n'avoir pas donné aux pilotes les informations appropriées. L'enquête a établi aussi que ces pilotes, quoique formés de longue date au maniement du Boeing 737-200, n'avaient pas bien en main les procédures du 737-800, hautement informatisé. Les enquêteurs ont aussi accusé Ryanair d'avoir mis "un temps inacceptable" à leur notifier l'incident. Un porte-parole de Ryanair a indiqué que la compagnie avait "participé et coopéré pleinement" au rapport de l'AAIU, et avait "accepté et mis en place toutes les recommandations" faites par celle-ci, mais s'est refusé à tout autre commentaire.
D'après agence