Saddam Hussein, un sanguinaire dictateur

Publié le par romano_33


Il se prenait pour le descendant de Saladin et Nabuchodonosor, chargé de relancer le panarabisme. Il aura massacré son peuple et devrait finir pendu.

Plusieurs centaines de milliers de personnes sont mortes pendant son règne.


Grandeur et décadence d'un dictateur : malgré le cliché, la formule convient parfaitement à Saddam Hussein. Tout d'abord champion du panarabisme, ami de l'Occident et maître tout-puissant de l'Irak, il devint ensuite le paria de la communauté internationale. Et termina sa "carrière" terré dans un trou de quelques mètres carré pour échapper à l'armée américaine. En décembre 2003, huit mois après sa fuite et la chute de Bagad, les images humiliantes de sa capture firent le tour du monde. Condamné à mort par la justice irakienne à l'issue d'un procès où il fit preuve de pugnacité et d'arrogance, la dernière image qui restera de lui devrait être celle de sa pendaison.

Elimination des opposants

Né le 28 avril 1937 à Aouja dans la région de Tikrit, au Nord de Bagdad, dans une famille paysanne, Saddam Hussein connaît une enfance difficile. Orphelin de père à 9 ans, il est élevé par son oncle qui l'envoie étudier à Bagdad. Il commence à se faire connaître en 1959 en tentant d'assassiner le président Abdel Karim Kassem, tombeur de la monarchie en 1958. Blessé à la jambe, il fuit à l'étranger pour revenir quatre ans plus tard. Emprisonné en 1964, il s'évade et reprend l'action clandestine pour le compte du parti Baas.

Saddam Hussein participe en 1968 au coup d'Etat qui porte sa formation au pouvoir. Il commence alors une rapide ascension qui lui permet devenir l'homme fort du régime. Secrétaire général adjoint du parti, il devient en 1969 vice-président du Conseil de commandement de la révolution, plus haute instance de la dictature. Promu numéro un le 16 juillet 1979, il cumule les postes de chef d'Etat, secrétaire général du Baas, président du CCR et chef suprême de l'armée. Et commence son règne en exécutant, lors d'une réunion de la peur, vingt-et-un dignitaires accusés de trahison.

Ami des Occidentaux

Prenant comme modèle Staline, il impose un culte de la personnalité, symbole de sa folie des grandeurs. Les portraits géants à son effigie se multiplient dans tout le pays, tandis qu'il se prend à la fois pour le successeur de Nabuchodonosor et de Saladin. Surtout, comme l'ancien dictateur soviétique, il ne tolère aucune dissidence, multiplie les purges et envoie ses opposants en exil ou au cimetière. Les minorités kurde et chiite sont notamment brimées pendant tout son règne.

Dans un premier temps, cela ne gêne pas les dirigeants occidentaux. Ils voient en lui un rempart contre l'intégrisme venu de la révolution iranienne. Etats-Unis, France ou encore Royaume-Uni, ainsi que les monarchies sunnites du Golfe, le soutiennent ainsi dans la guerre qu'il enclenche contre Téhéran en 1980. A l'époque, on lui déroule le tapis rouge lors de ses visites et personne n'hésite à lui fournir des armes. Le conflit durera huit ans, pendant lesquels plus de 300 000 Irakiens perdent la vie.

Guerre du Golfe

La roue tourne en 1990. Pour relever l'Irak des séquelles de la guerre contre l'Iran, Saddam Hussein envahit en août son petit voisin du Koweït, riche en ressources pétrolières. Il pense alors que ses alliés occidentaux le laisseront faire. L'erreur est fatale. Du jour au lendemain, l'Irak se retrouve au ban de la communauté internationale. Après de longs pourparlers, la coalition menée par les Etats-Unis de George Bush père l'attaque à la mi-janvier 1991. Un mois et demi plus tard, la "Guerre du Golfe" est terminée.

Mais le "boucher de Bagdad" maîtrise l'art de la survie. Il garde ainsi son pouvoir et en profite même pour massacrer une nouvelle fois les chiites du Sud, qui avaient soutenu la coalition. Les années qui suivent, son peuple ploie sous le régime étouffant de l'embargo et des sanctions internationales. Les missiles américains qui tomberont encore sur l'Irak n'affecteront pas non plus  sa détermination.

Fuite

Barricadé dans ses immenses palais au confort extravagant, il ne cesse de défier les Etats-Unis. Jusqu'au débarquement en Irak des troupes de George W. Bush en mars 2003. Mois d'un mois plus tard, celui qui avait promis à ses citoyens de "mourir en Irak et de préserver l'honneur dû au peuple" prend la fuite. C'est la fin de 24 ans d'un règne sans partage. Entre- temps, l'Irak est tombé dans l'anarchie.


Saddam : "J'irai à la mort en martyr"


Au lendemain de la confirmation de sa peine de mort par pendaison, l'ancien dictateur appelle son "peuple à rester uni face à ses ennemis".

L'exécution doit avoir lieu au plus tard le 25 janvier.


"Je me sacrifie. Si Dieu le veut, il ordonnera de me placer auprès des martyrs et des vrais hommes". Dans une lettre authentifiée par ses avocats, Saddam Hussein a réagi mercredi à la confirmation de sa condamnation à mort par le Haut tribunal pénal irakien. "Les ennemis de votre pays, les envahisseurs et les Perses ont trouvé une barrière dans l'unité entre vous et ceux qui vous dirigent. C'est pourquoi ils tentent de semer la haine entre vous", affirme l'ancien dictateur, en faisant référence à l'armée américaine et au voisin iranien.

Selon les statuts du tribunal, la pendaison de Saddam Hussein doit avoir lieu dans les trente jours suivant la décision en appel, soit le 25 janvier prochain au plus tard. Il ne bénéficie plus d'aucun recours, même une grâce du président irakien.

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Publié dans Actualité

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